23/06/2008

Monde et civilisation

La realité humaine comporte en elle-même une signification métaphysique, distinguer le haut et le bas , c'est du même coup distinguer entre les individus les mieux capables de se détacher du temporel pour contempler l'éternel, et ceux qui le sont moins, autrement dit, entre ceux qui tendent vers le sacré et ceux qui tendent vers le profane, préstige et sainteté sont des térmes interchangeables qui, comme le haut et le bas, sont atteints par degrés, l'échelle sociale visant au même sommet que la méditation religieuse: le non être comme dans plusieurs receuils culturels.
cette vision des choses a de nombreuses implications, en particulier celle-ci, que le roi, par le simple fait qu'il est le roi constitue l'objet sacré par éxcellence, c'est autour de lui que tourne tout le systéme car il se tient à la jonction du divin et de l'humain, avec pour ainsi dire un pied dans chaque camp, ce que le peuple éxprime en le considérant éffectivement comme l'incarnation d'un dieu.
Mais le point crucial est que dans l'ordre qui range les hommes en fonction de leur capacité à progresser spirituellement par une discipline d'auto-éxamen, de leur apptitude à atteindre le but suprême, le roi représente à la fois un sommet, si on le considére d'en bas, et la source si on le considére depuis le haut, ce qui est plus conforme à cette conception d'un centre éxemplaire, le problème n'est donc pas ici de reunir en un même homme la force et la sainteté : pouvoir et charisme, de magnifier le soleil afin qu'il répande un halo plus large et plus aveuglant.
L'Etat-theatre, qui compléte ce cercle, est simple la mise en oeuvre concréte de cette conception, la vie rituelle de la cour, cérèmonies massives, art hautement raffiné, étiquette recherchée, qui ne constitue pas un simple écrin pour l'autorité mais sa substance même, c'est pour le spectacle que l'Etat éxistait : son rôle principal était moins de gouverner.
La capitale était une scéne sur laquelle prêtres et nobles, avec le roi à leur tête, célébraiant en pérmanence une parade sacrée, dont les mortels ordinaires étaient à la fois les spéctateurs, les hommes de troupes et autres, obligations auxquelles ils étaient soumis, les commanditaires de l'hégémonie d'un Etat se mesurait au degré d'activité cérémonielle qu'il était capable de déployer, car plus disposait de techniques éfficaces pour mobiliser hommes et materiel, plus cette activité était developpée; et de même pour sa capacité à apparaitre comme un centre éxemplaire, susceptible de provoquer l'attitude dont on prétend qu'elle était celle de tout pays à l'égard de l'négalable, désarmée,soumise,courbée, pleine d'humilité.
Aussi longtemps que dura la civilisation agraire fondée sur l'agriculture dans laquelle des cours oisives se disputaient les surplus des paysans, cette élégante combinaison de quiétisme, de cérémonialisme et de hierarchie put subsister également, car elle éxprimait les conditions d'éxistence que chacun connaissait, selon des points de vue différents, avec des sentiments certainement differents, peut être même avec des degrés de convictions différents, en même temps qu'elle fournissait une intérprétation générale, une justification s'il l'on veut, des raisons d'être de ces conditions d'éxistence, ce qui se manifestait là sous forme symbolique, les hommes le vivaient dans leur éxpèrience éffective, et ce vécu précisement y apportait un contour plus ample et une signification plus profonde, il ya là un cercle qui est toujours à l'oeuvre dans la religion, considérée comme phénoméne humain, à la source de la vitalité d'une croyance quelle qu'elle soit, aussi implicite et peu codifiée que soit la religion se trouve invariablement le fait qu'elle représente la structure ultime de l'éxistence de maniére telle que les évenements de la vie quotidienne paraissent la confirmer continuellement, c'est quand se rompt ce cercle magique et que les concepts religieux perdent leur apprence de pur réalisme, quand le monde de l'éxpérience et celui de l'imagination ne se présentent plus comme de simples élucidations l'un de l'autre, que surgit la perpléxité.

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