28/06/2008

Critique Hegel

Nul doute que certains ont pu en faire une lecture relativiste des oeuvres de Hegel. Toutefois, Hegel est loin, très loin, d'être un relativiste. Certes, sa philosophie consiste à dire que les différentes cultures ne sont pas éternelles, qu'elles naissent et qu'elles meurent.
Toutefois, pour reprendre ses termes, il y a une unité de l'être et du néant, appelée devenir. Ceci signifie que si les cultures meurent, elles ne sont pas reléguées dans le pur non-être, mais sont au contraire un moment de l'être, qui a le néant en lui-même, non comme une chose séparée qu'il aurait "avalée", mais en tant que le néant est l'être lui-même (l'être a son négatif en lui comme lui-même). Appliqué à l'histoire et aux cultures-civilisations, ceci ne relativise pas lesdites cultures, mais les érige au rang de moments de l'être (en l'occurence, ce que Hegel appelle l'esprit). Or, cet esprit (appelé "esprit du monde" dans "La Raison dans l'histoire") est l'absolu (le strict contraire du relatif), c'est-à-dire ce qui ne dépend de rien d'autre que lui-même, ce qui n'a pas de liens à autre chose, car tous les liens sont en lui-même : il est la totalité des liens. Par conséquent, les cultures sont toutes des moments de l'absolu.

Dès lors, ce qui habite ces cultures est la nécessité. C'est par nécessité (la nécessité du concept de l'esprit, de l'être, de l'absolu) que ces cultures sont, ont été, seront. Nécessité qui se déploie selon un cheminement décrit dans la "Science de la logique", et déploiement nécessaire qui est appelé "processus". Telle est, du moins, la pensée (idéaliste) de Hegel, qui n'est donc pas un relativiste. C'est pourquoi, du moins sur ce point précis, ce n'est pas Hegel qu'il faut incriminer, mais ceux qui en ont fait une lecture relativiste, ou qui s'en sont servi à des fins relativistes."

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