28/06/2008

La condition humaine

Oui, car la mémoire de l’individu est aussi collective qu’individuelle et intime ; quand j’avais travaillé sur le souvenir de l’enfance, on s’était vite aperçus que ça dépassait notre intimité à un ami et moi et que les gens pouvaient se projeter sur ce qu’on leur proposait. C’est la même chose : on voulait traiter le monde ouvrier dans sa dimension universelle. On a appelé ça ‘Conditions humaines’ car à travers l’humanité de cette corporation, ce sont les règles sociales, le contexte politique qui nous intéressaient. On s’est documentés sur Courrières, l’avancée progressive dans les acquis sociaux, la prise de parole de politiques fructueuse. Je crois qu’on est tous conscients d’être ce que l’on est à cause des gens qui ont vécu avant nous, parce qu’il y a eu une histoire. ‘Conditions humaines’ se demande ce qu’il reste de la condition ouvrière et de quelle façon les jeunes générations qui n’ont pas connu cet univers-là réagissent, interrogent le présent et le futur. Au début du XXe siècle, le charbon était le pétrole d’aujourd’hui, la corporation minière avait une énorme importance dans tout le pays. On essaie maintenant de se projeter dans l’après pétrole. On est tous investis, sans en être totalement conscients, par notre histoire et notre patrimoine. La solidarité de la mine faisait que malgré son origine, sa religion, en dessous on était tous des gueules noires ; on savait pertinemment qu’on avait besoin les uns des autres car il y avait un rapport quotidien à la mort, à l’effort qui façonne différemment les gens et le corps.

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