28/06/2008

Le beau et le sublime

Si notre ignorance des choses de la nature était la cause principle de l'admiration qu'elles nous inspirent, si cette ignorance devenait pour nous la source de sentiment du sublime, on pourrait se demender si les sciences modérnes en déchirant le voile qui nous dérobait les forces et les agents des phénoménes physiques, en nous montrant partout une régularité assujettie à des lois mathématiques et par conséquent sans mystére, ont avouer la contemplation de l'univers et servi l'ésthétique, en même temps qu'elles ont servi la connaissance de la vérité, sans doute les patientes invéstigations de l'observateur, les chiffres qu'accumule l'astronome, les longues énumérations du naturaliste ne sont guére propres à reveiller le sentiment du beau; le beau n'est pas dans l'analyse; mais le beau reel, celui qui ne repose pas sur les fictions de la fantaisie humaine est caché dans les résultats de l'analyse, disséquer le corps humain, c'est détruire sa beauté; et pourtant par cette disséction, la science arrive à y reconnaitre une beauté d'un ordre bien superieur et que la vue superficielle n'aurait pas soupçonné, sans doute un monde enchanté, où a vécu l'humanité avant d'arriver à la vie reflechie, ce monde conçu comme moral, passionné, plein de vie et de sentiment, avait un charme inéxprimable, et il se peut qu'en face de cette nature sévére et infléxible que nous a créer le rationnalisme, quelqu'uns se prennent à regretter le miracle et a reprocher à l'experience de l'avoir banni de l'univers, mais ce ne peut être que par l'effet d'une vue incompléte des résultats de la science, car le monde veritable que la science nous revele est beaucoup superieur au monde fantastique créer par l'imagination, on eût mis l'ésprit humain au défi de concevoir les plus étonnantes mérveilles, on l'eût affranchit des limites que la realisation impose toujours à l'ideal, qu'il n'eût pas osé concevoir la milliéme partie des splendeurs que l'observation à démontré, nous avons beau enfler nos conceptions, nous n'enfantons que des atomes au prix de la realité des choses, n'est ce pas un fait étrange que toutes ces idées que la science primitive s'était formée sur le monde nous paraissent étroites, mésquines, ridicules auprés de ce qui s'est trouvé véritable.
Disons donc sans crainte que si le merveilleux de la fiction a pu jusquici sembler nécéssaire à la poesie, le merveilleux de la nature, quand il sera dévoilé dans toute sa splendeur, constituera une poesie mille fois plus sublime, une poesie qui sera la realité même, qui sera à la fois science et philosophie, que si la connaissance expérimentale de l'univers physique a beaucoup dépasser les rêves que l'imagination s'etait formé, n'est-t-il pas permis de croire que l'esprit humain, en approfondissant de plus en plus la sphére métaphysique et morale et en y appliquant la plus sévére méthode, sans égard pour les chiméres et les rêves désirables, s'il y en a, ne fera que briser un monde étroit et mésquin pour ouvrir un autre monde de merveilles infinies.

16:22 Écrit par dans Philosophie | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Merci doc pour ce merveilleux passage,mais j avoue que j aurai aimé vous voir developper [b]le principe anthropique fort[/b] inherent et intrinseque aux sciences de la vie...

Écrit par : AbdelNasser | 08/08/2008

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